GURBET
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En turc, le mot gurbet fait référence à la souffrance de l’exil forcé. Le terme m’a paru adapté pour parler de ces habitants qui ressentent le mal du pays au cœur même de leur propre ville, Istanbul.
Le pouvoir en place fait subir à la ville un traitement choc à base d’injections de botox immobilier Made in Empire Fantasmé : une réaction en chaîne d’acné commerciale et religieuse, une ville-monde qui se met en phase avec le nouvel univers consumériste et conservateur.
Tels des champignons de tungstène, d’innombrables îles d’acier et de mosquées poussent au rythme des mégaprojets.
Dans cette mégalopole en pleine mutation, il existe toute une économie parallèle du disparu, la ville devient alors une gigantesque décharge à souvenirs où règne un passé qui ne passe pas et dans laquelle circule une matière noire mélancolique qui contamine les êtres.









